La place du solaire dans les bâtiments prend une nouvelle dimension en Europe. Avec la transposition en cours de la directive sur la performance énergétique des bâtiments, les règles évoluent. Les professionnels du secteur alertent sur certains points clés à clarifier pour garantir une application cohérente en France.
La directive sur la performance énergétique des bâtiments vise à renforcer l’usage des énergies renouvelables. Le solaire en toiture devient un levier central pour améliorer la performance énergétique du parc immobilier. En France, un projet de loi d’adaptation au droit européen intègre déjà ces exigences. Il prévoit notamment de renforcer les obligations d’installation de dispositifs solaires sur certains bâtiments. L’objectif est clair. Produire plus d’énergie localement et réduire la dépendance aux énergies fossiles. Cette évolution concerne autant les bâtiments neufs que certains projets de rénovation.
L’association AICVF met en avant plusieurs limites dans la transposition actuelle.Premier point, le choix de l’indicateur. La réglementation française privilégie l’emprise au sol. Or, la directive européenne repose sur la surface de plancher. Cette différence complique les démarches et pourrait créer des écarts d’interprétation. Autre sujet, le périmètre des bâtiments concernés. Certains bâtiments non résidentiels existants pourraient échapper à l’obligation, notamment en cas de travaux sans rénovation lourde. Enfin, plusieurs définitions restent floues. C’est le cas des notions liées aux ombrières ou à la proximité entre bâtiments. Des précisions réglementaires sont attendues.
Au-delà des ajustements, une tendance se confirme. Le solaire doit être intégré dès la conception des bâtiments. La directive encourage à anticiper le potentiel solaire dès les premières étapes d’un projet. Cela passe par l’orientation du bâtiment, la structure de la toiture ou encore la prise en compte des contraintes techniques. L’enjeu est d’éviter une approche corrective, souvent plus coûteuse. À terme, cette logique pourrait transformer les pratiques du secteur. La réussite de cette transition dépendra d’un cadre clair. Les professionnels attendent désormais des règles simples, lisibles et adaptées au terrain.