Avec la multiplication des feux de forêt ces dernières années, une nouvelle règle prend de l’importance dans les démarches immobilières : l’obligation légale de débroussaillement (OLD). Depuis la loi du 10 juillet 2023 sur la prévention du risque incendie, toute personne souhaitant vendre ou acheter une maison située dans une zone exposée doit désormais porter une attention particulière à cette obligation, qui s’inscrit désormais dans l’état des risques et pollutions (ERP) remis lors des transactions. Voici ce que cela change concrètement pour vous, que vous soyez vendeur, acquéreur ou simple propriétaire en zone à risque.
La France fait face depuis quelques années à une intensification des feux de forêt, avec près de 98 000 hectares brûlés au 25 juillet 2026, un record historique selon le ministère de l’Intérieur. Face à ce constat alarmant, le législateur a renforcé les dispositifs de prévention, notamment en imposant l’obligation de débroussailler autour des habitations situées dans les zones à risque.
Concrètement, l’obligation légale de débroussaillement vise à réduire la quantité de végétation inflammable autour des bâtiments pour limiter la propagation des incendies. On estime que 90 % des maisons détruites lors des feux de forêt se trouvaient sur des terrains pas ou mal débroussaillés. À l’inverse, selon l’Office national des forêts (ONF), 80 % des maisons bien entretenues n’ont subi aucun dégât lors d’un feu de forêt.
L’OLD concerne principalement les propriétaires de maisons ou de terrains bâtis situés dans des zones définies par arrêté préfectoral comme exposées au risque incendie. Depuis l’arrêté du 13 avril 2026, ce zonage s’est étendu à 52 départements (contre 48 auparavant), couvrant près de 7 600 communes. Pour savoir si votre bien est concerné, il est possible de consulter la carte officielle disponible sur le portail public Géoportail à la rubrique « débroussaillement ».
La loi du 10 juillet 2023, notamment à travers ses articles L.134-16 et D.134-7 du Code forestier, a renforcé cette obligation. Depuis cet arrêté, l’extension du zonage au 13 avril 2026 rend la règle encore plus large et touche chaque année de nouveaux territoires.
Les sanctions sont lourdes en cas de non-respect :
Si votre maison ou votre terrain bâti se trouve dans une zone à risque, il est indispensable de procéder au débroussaillement régulier des abords. Cette tâche ne s’arrête pas à la limite de votre propriété : la loi impose un débroussaillement continu, qui peut concerner également la parcelle voisine si nécessaire, même sans l’accord du voisin.
L’attestation de débroussaillement, ou tout justificatif de travaux réalisés, peut être exigée lors d’une vente. Elle devient donc un document aussi important que le diagnostic de performance énergétique (DPE) ou le métrage loi Carrez lors d’une transaction immobilière en zone à risque.
En pratique, renseignez-vous sur votre situation auprès de votre mairie ou consultez le Géoportail pour vérifier le zonage. Si vous êtes concerné, programmez le débroussaillement avant tout projet de vente ou simplement pour garantir la sécurité de votre bien et de ses occupants.
L’obligation légale de débroussaillement n’est plus une simple formalité administrative : elle s’impose désormais comme une étape clé dans la vente ou l’achat d’un bien immobilier situé en zone à risque de feu de forêt. En respectant cette règle, vous protégez non seulement votre patrimoine et ses occupants, mais vous évitez aussi des sanctions financières lourdes et des difficultés avec votre assurance. Face à l’extension rapide des zones concernées, il est plus que jamais recommandé de vérifier votre situation et d’anticiper cette démarche lors de toute transaction immobilière.